Les Bourses européennes devraient débuter en petite hausse vendredi matin, les investisseurs revenant timidement à l'achat sur les actions à quelques heures de l'intervention très attendue de Kevin Warsh à Jackson Hole, sa première à l'occasion du symposium. A en croire les premières indications disponibles, le CAC 40 pourrait gagner autour de 0,4% à l'ouverture, le DAX environ 0,3% et l'Euro STOXX 50 quelque 0,4%.
En dépit des solides résultats de Nvidia, le géant américain de l'IA, le CAC 40 se dirige pour l'instant vers une 3ème semaine consécutive de repli, avec des pertes hebdomadaires qui atteignent à ce stade plus de 1,5%.
Avec une baisse de 0,4% depuis lundi matin, l'Euro STOXX 50 s'inscrit lui aussi en repli sur la semaine.
Cette dernière séance de la semaine va venir apporter quelques indications concernant les chances de voir le récent mouvement de consolidation se prolonger, ou au contraire de voir le rally boursier reprendre, sachant que la trajectoire des marchés repose beaucoup sur l'espoir de voir la Réserve fédérale américaine et la Banque centrale européenne (BCE) adopter des politiques les moins restrictives possible afin de protéger le plus possible la croissance.
Mais, à l'image de la BCE, la Fed est censée s'engager dans les mois qui viennent dans un nouveau cycle de resserrement monétaire afin de limiter une inflation persistante, qui commence déjà à impacter la consommation Outre-Atlantique.
Ne pas déstabiliser les marchés
Principal rendez-vous de cette fin d'été, le colloque de Jackson Hole sera dominé à partir de 16h00 (heure de Paris) par le discours de Kevin Warsh, le président de la Fed, qui va devoir s'efforcer de ne pas prendre les marchés à contre-pied au vu du contexte économique et géopolitique délicat du moment.
Comme le montre la récente remontée des rendements obligataires, les marchés ont montré ces dernières semaines qu'ils pouvaient réagir avec nervosité sur le retrait des indications prospectives des banques centrales, qui transfère davantage d'incertitude vers les investisseurs et entraîne une hausse de la prime de risque.
"Nous nous attendons à ce que Warsh réaffirme son attachement à atteindre l'objectif d'une inflation de 2%, qu'il précise les motivations de sa stratégie de communication au sein de la Fed et qu'il partage ses réflexions sur des enjeux plus globaux, comme les gains de productivité ou les chocs économiques mondiaux, déjà évoqués lors de sa dernière conférence de presse", indiquaient hier les analystes de Goldman Sachs.
"S'il devrait reconnaître l'amélioration récente sur le front de l'inflation, il est peu probable qu'il donne des indications sur la trajectoire future de la politique monétaire", prévient cependant la banque d'affaires new-yorkaise.
Envisager le statu quo un peu plus longtemps
Confrontées l'une comme l'autre à la récente remontée des rendements obligataires, qui pénalise l'activité, la Fed et la BCE semblent en effet tentées d'attendre autant que possible avant d'arrêter leurs décisions.
D'après Goldman Sachs, une majorité de votants du FOMC reste convaincue de l'opportunité d'un "statu quo" à la suite des bons chiffres d'inflation parus au titre des mois de juin et juillet, ce qui amène la firme à prévoir que la Fed maintiendra ses taux inchangés en septembre et jusqu'à la fin de l'année.
Au-delà de l'évolution de l'inflation, un autre facteur est de nature à dissuader Kevin Warsh de toute annonce tonitruante : la persistance des tensions géopolitiques avec une situation qui paraît plus que jamais bloquée au Moyen-Orient.
Si les espoirs visant à restaurer des conditions normales de circulation dans le détroit d'Ormuz n'ont finalement pas abouti, les cours du pétrole s'inscrivent en net repli sur l'ensemble de la semaine. Le baril de brut texan WTI perd encore 0,3% à 83,2 dollars ce matin, ce qui porte ses pertes hebdomadaires à près de 4,5%.
La situation sur le front économique sera d'autant plus suivie de près que la saison des résultats est désormais terminée, les entreprises cotées sur le S&P 500 ayant fait état d'une croissance moyenne de 15% de leur chiffre d'affaires au 2ème trimestre, soit leur meilleure performance en près de cinq ans.
Il y a notamment eu de très bonnes surprises, à l'image des perspectives prometteuses livrées mercredi soir par Nvidia.
Sur l'agenda des indicateurs du jour, figure notamment l'indice de confiance des ménages américain de l'Université du Michigan qui devrait confirmer que le niveau élevé des prix de l'essence pèse sur le sentiment des consommateurs.
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